Je vais vous conter mon séjour à l'hôpital Lyon Sud de Lyon ( Pierre bénite ) où j'ai subi, une vaginoplastie. [....]
Mon récit a un but et un seul, est de laisser un témoignage écrit sur le déroulement d'une vaginoplastie, pratiquée en France, à Lyon, sur une personne atteinte du SIDA.
Oui car il est important pour toutes les transsexuelles atteintes du VIH comme moi, qu'elles sachent, qu'il est possible de se faire opérer en France, en ayant suivi un protocole officiel. Ne baissez pas les bras, battez-vous, le moral dans cette maladie est le moteur premier pour combattre ce virus. Alors aimez la vie, dégustez là, et tout est possible, même un parcours transsexuel, encadrée bien sur, par des professionnels et en suivant une hygiène de vie irréprochable.
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Je vais faire en sorte de relater de façon la plus authentique et précise le déroulement de mon opération.
Par avance, excusez moi pour les fautes d'ortographe.
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Nous sommes le dimanche 16 novembre 2008, il est 15H33, je suis seule dans ma chambre, enfin non, heureusement mon écriture m'accompagne.
J'entends les cries d'enfants dans le couloir, les familles viennent visiter leurs proches.
Le personnel hospitalier est très attentif.
Un peu de vague à l'âme, je me dis que ma famille est loin, de tout cela, ma famille est très loin, plus là.
Je suis arrivée à 15h15 aux Hôpitaux Sud de Lyon à Pierre Bénite, le mercredi 13 novembre 2008, après un déjeuner dans un quartier typiquement lyonnais, à la Croix Rousse, accompagnée d'une amie, Cécile.
Je n'ai pas été très présente durant ce déjeuner, comme tout le mois qui a précédé d'ailleurs, une sensation indéfinissable.
Nous arrivons au 2ème étage, service urologie, le personnel nous demande de repasser dans 30mn, c'est la relève, nous obéissons.
Une femme me fait visiter la chambre, une chambre individuelle, avec une salle de bain privée, une penderie, armoire, une baie vitrée avec vue sur le ciel ( une pleine lune, ce soir ) et un écran plasma sur le mur. L'aide soignante m'explique le fonctionnement des différentes télécommandes, lits, TV, Stores, etc... et le fameux « appel d'urgence ».
Je me retrouve seule avec Cécile.
Puis vient le balai des médecins, anesthésistes, générales, infirmières et aides soignantes. Toutes ce personnel soignant essaie de me mettre à l'aise, en vain. Je me suis réfugiée dans une peur panique depuis un mois et d'une profondeur abyssale depuis 2 heures...
Une aide soignante, passe par là, me voit, décèle sur mon visage mon désarroi, mon inquiétude, une certaine tristesse et là elle me pose une question d'une extrême violence : « Madame X, vous êtes sure de ce que vous faîtes ? « et elle repart.
Je m'effondre. Je viens de comprendre l'absence dans la quelle je m'étais réfugiée depuis un mois, j'avais occulté volontairement cette vraie question.
« Ça vaut vraiment le coup d'y passer ? Que tout s'arrête ? «
Cette aide soignante, malgré sa maladresse, avait réveillé en moi, la vrai question « vivre ou mourir ? »
Mes bagages posées dans ma chambre, représentait la vie, donc je repartais, si je restais, je mourrai à cause de mon VIH.
Voilà mon état d'esprit à 12H00 de l'intervention. Une heure après, Cécile est partie après avoir essuyé une tempête de larmes ( je t'aime ).
Mon homme est arrivé. Nous avons passé un long moment dans la pénombre, il m'a évoqué ces années passées ensemble et là nous en étions à ce jour. Je n'ai pas arrêté de pleurer, de me serrer dans ses bras, je l'aime tant, il m'a entouré de ses bras, il m'a réconforté, réconforté mais j'étais inconsolable. Je pensais ne plus jamais le revoir. Une déchirure, ma déchirure.
Mon amour s'en est allé.
Je me suis retrouvée face à moi-même, il était temps, c'était une nécessité. Les valises, la chambre, je ne savais pas.
Mon état de santé, ma séropositivité, mon corps allait-il tenir le coup ? Et en même temps ce serait une belle mort ?!!!
Et c'est là où le déclic a eu lieu. « Je suis là dans cet hôpital pour une opération vitale, quoiqu'il se passe, elle est vitale, alors maintenant, tu vas te battre ! »
A ce moment là, une infirmière passe et m'explique qu'à 05H30, elle me réveillera, me donnera une prémédication et je partirai au bloc.
Elle a eu les mots justes « vous êtes dans cet hôpital car vous êtes malade, cette intervention chirurgicale va vous soigner , alors soyez courageuse, promis ? Promis !
Puis un ami de Mimizan m'a téléphoné, j'ai pleuré, pleuré, pleuré, j'ai raccroché, puis je me suis réfugiée dans la foi.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
A 05H30, je suis allée me doucher. L'infirmière de la veille est arrivée, et m'a donné mes petites pilules.
A 07H30, les infirmières anesthésistes et du bloc, sont venues me chercher. Deux femmes extraordinaires. Elles ont préparé la table d'opération soigneusement, je m'y suis allongée, j'ai posé les pieds dans les étriers, elles m'ont recouverte d'un drap chaud, je me suis sentie dans un confort total.
Je suis à l'entrée du bloc, j'y resterai 10mn environ. Puis les infirmières me font entrer dans le bloc opératoire.
Autour de moi, s'affairent , étudiants, internes, infirmières, aides soignantes, anesthésiste.
Trois gros phares s'allument. Il y a beaucoup, beaucoup, de monde. Je commence à paniquer.
L'infirmière me collent les sensibilisateurs pour mesurer mon pouls, sur la poitrine. Elle me pose le cathéter, puis branche l'électrocardiogramme et là j'entends mon cœur battre, plus je l'entends, plus il bat vite.
Mon chirurgien, vient me saluer, il me caresse le bras et me rassure. Je tiens à lui rendre hommage [...], un homme extraordinaire, un être humain, humain. Une personne exceptionnelle que je n'oublierai jamais. Docteur, vous avez tout mon respect. Vous m'avez téléphoné la veille de mon opération, vous n'aviez pu vous déplacer. Vous m'avez touché, vous m'avez donné beaucoup de votre temps, de votre vie, pour me rendre heureuse, je vous en saurai indéfiniment reconnaissante. Merci.
Puis l'infirmière anesthésiste demande auprès de son supérieur une seringue pour m'injecter le produit qui me détendra , mon cœur bat plus que la chamade, 177.
« Je vous injecte ce produit, vous allez commencer à vous détendre, à tout à l'heure.... »
Madame X, Madame X, vous êtes en salle de réveil ! Ouvrez les yeux !
Je ne peux rien faire, je les entends mais je ne peux rien faire. Je suis trempée, les infirmières m'essuient. J'ai chaud, elle me vaporise de l'eau à l'aide d'un brumisateur , sur le visage et les lèvres. Je fais une mauvais réaction à la morphine. Elles me branchent sous oxygène.
Petit à petit, je reprends mes esprits, mais les nausées me viennent. Elles me soignent, cela dura deux heures.
Je suis remontée dans ma chambre. Mon « doudou » que j'ai demandé dès mon réveil, m'a t-on dit , est près de moi.
Je le sens, je le vois. Mais je suis dans un état de sérénité et de détente totale. Mon amour me dira plus tard « jamais je ne t'ai vu si détendue, calme, reposée, tu étais si belle, et quand tu m'as appelé « doudou », j'étais heureux.
Toutes le heures, un défilé d'infirmières, tension, pouls, température. Un marathon commence pour moi. Un marathon qui va durer 6 jours, mais qui est nécessaire. Je n'ai pas fait une nuit complète durant tout le séjour à l'hôpital soit 8 jours, hormis une.....
A J+1, le drain commence à me faire mal. Toujours le même balai d'infirmières à toute heure de la nuit et du jour. Elles me promettent, que le drain me sera enlever le lendemain.
Chose faite, dès J+2. Je n'ai jamais ressenti une telle douleur. L'impression que l'on me tirait mes viscères, mes chairs. Une douleur violente, qui m'a fait souffrir terriblement, malgré la douceur et le professionnalisme de l'infirmière. J'ai pleuré.
J+2 le soir, la sonde me fait terriblement mal. Je le signale, on me donne durant la nuit un « potion magique » qui me calme la douleur immédiatement. Je trouve le sommeil , curieusement.
J+3, le matin, je suis réveillée par l'infirmière. Je suis détendue, j'ai tellement bien dormi. Elle vérifie le pansement, donc soulève le drap, et là........ hémorragie, j'ai perdu beaucoup de sang durant la nuit, d'où mon sommeil profond. L'équipe soignante s'occupe de moi et arrête l'hémorragie, du à l'urètre.
J'ai été très choquée par cette vision d'horreur, mais ce n'était rien.
J+4, je suis transférée en ambulance à l'hôpital Henri Gabrielle, où mon chirurgien m'attend. Il m'installe dans son bloc opératoire, et me dit, il faut que vous soyez courageuse, et nous allons y arriver. Il me fera quatre point de suture et tout rentrera dans l'ordre.
Il décide de m'enlever la sonde urinaire qui me fait terriblement mal. Je suis transférer de nouveau aux hôpitaux sud.
Toute l'après midi, j'urine, en filet, je ne comprends, cela me demande un effort terrible, je suis fatiguée. Mon chirurgien passe le soir, je lui fait part de mes problème, il me fait une échographie. Ma vessie est pleine, il faut me sonder de nouveau. Chose faite après une crise de tétanie.
Journée très violente, éprouvante, j'ai beaucoup souffert moralement et physiquement, je n'en peux plus.
J+5 J'essaie d'aller à la selle.... J'y passe une demi heure, j'ai très mal, il ne faut pas que je force,mais j'ai très mal. Au bout de 30mn, je me sens partir, juste le temps d'atteindre « l'appel d'urgence » je fais un malaise « vin gal. » Les infirmières me portent dans le lit, je suis livide, je tremble, on me demande si j'ai des douleurs dans la poitrine, non !. Je reprendrais mes esprits au bout d'une heure, j'ai eu très peur.
Je recevrai un traitement de gelée pour « lubrifier » la paroi intestinale, durant toute la journée. Le lendemain, l'efficacité du produit fit ses preuves. Je fus soulagée.
J+7 on m'enlève la sonde, j'ai eu durant ces deux derniers jours un traitement anti inflammatoire pour l'urètre, j'urine normalement, je suis sauvée soulagée, car conditions sinéquanones pour que je ne sois pas sonder de nouveau.
Je précise qu' à J+2, je me suis mise debout. J+3 quelques pas dans la chambre. J+4 pas dans le couloir avec la kinésithérapeute. J+5, je fais deux aller retour seule, dans les couloirs.
J+6, je me déplace seule, mais les points de suture me tirent, j'y vais doucement, à ce jour encore. J'ai beaucoup de mal dans les côtes... Je suis prudente mais me force à marcher comme demandé par les médecins.
Je veux signaler aussi, que durant tout mon séjour du début à la fin, je n'ai eu aucune douleur sur le champ opératoire. Je n'ai pas de pompe à morphine ( vu la réaction en salle de réveil ) mais je n'en aurai pas eu besoin. J'ai eu des antalgiques pour calmer les tiraillements tout à fait supportable, douleur, 4 sur une échelle de 0 à 10.
Je continue les antalgiques à ce jour. 1 dose et demie par jour au lieu de 4 au tout début du traitement.
A ce jour, je fais des lavements vaginaux, 3 fois par jour, j'ai une profondeur situé entre 10 et 12 cm, je n'en demandais pas tant, sans greffe; qui plus est.
Je commencerai l'apprentissage des dilatations, lundi matin, à l'hôpital henri Gabrielle, où mon chirurgien m'attend en consultation de jour et pour une première contre visite.
Je suis chez moi à J+8, je me repose.
Esthétiquement, je ne peux rien dire, sur la satisfaction ou pas..... il faut attendre un mois, mais je dirai que plus les jours avance et plus mon sexe est beau.
Je suis un peu inquiète sur la sensibilité de mon clitoris, je ne peux y toucher, c'est du 220 Volt, il me tarde de voir mon chirurgien, pour savoir ce qu'il en sera.
Pour conclure, je suis heureuse, d'y être arrivée.
Ravie, d'avoir été opérée en France, j'admire les filles qui partent si loin, je n'aurai pas pu.
Le personnel soignant, de l'hôpital, a été exceptionnel, une qualité de soins au delà de toutes mes attentes, ainsi que leur respect.
Je me dis que la partie n'est pas gagnée. Je ne suis qu'à J+9. Je suis anxieuse, j'ai peur de me faire une infection, une nécrose, etc.... C'est mon côté anxieux de nature.
Mais ce qui me rassure, est que j'ai été opérée à côté de chez moi, que si un problème arrive, mon dossier médical est au service uro logique de Lyon. Que pour tous soins post opératoires si nécessaires, des professionnels me connaissent, m'ont soigné, et [mon chirurgien] sera toujours là pour moi. En cas d'urgence, je ne suis pas une inconnue au sein de cette unité médicale qui m'a suivi et cela c'est un soulagement.
Voilà, je vous ai tout dit, avec la plus grande simplicité et vérité.
Je me répète, ce récit, je l'écrit pour informer, aider, faire espérer les personnes séropositives [...].
Bise,
Elly